Commerce Équitable
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Commerce Équitable.- 1.1:
Historique. - 1.2:
Définitions - Cadres Légaux. - 1.3:
Quels enjeux ? . - 1.4:
Réseaux d'acteurs. - 1.5:
Systèmes de garantie. - 1.6:
Impact. - 1.7:
Tourisme Équitable. - 1.8:
Quelques Chiffres.
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La PFCE. - 3:
Comment agir ?. - 4:
Points de Vente. - 5:
Agenda du Commerce Equitable. - 6:
Actualités. - 7:
Centre de ressources. - 8:
Espace Membres.
Historique du Commerce Equitable
Historique du commerce équitable
Le commerce équitable (CE) est une démarche qui s'est construite idéologiquement, politiquement, économiquement et socialement.
Par socialement, on entend que le commerce équitable est le fruit de volontés multiples. En effet, le commerce équitable est approprié et développé par plusieurs types d'acteurs : associations du Nord et du Sud, organisations de producteurs, ONG, industriels, importateurs, distributeurs, consommateurs, Etats.
Prémisses idéologiques
L’idée première d’un commerce équitable envers les pays du Sud (le plus souvent vis-à-vis des colonies) apparaît au XIXème siècle avec Edouard Douwes Dekker (1820-1887), administrateur colonial en Insulinde, qui milite contre le colonialisme et pour le respect des travailleurs autochtones. Il écrit notamment un roman sur le sujet sous le pseudonyme de Multatuli dont le héros au nom familier, Max Havelaar, symbolise la révolte d’un citoyen contre l’injustice du système colonial de l’époque en Indonésie. Ce héros inspirera de jeunes catholiques néerlandais qui initieront un mouvement dans leur pays dont il sera question plus loin.
Un peu plus tard, au début du XXème siècle, John Maynard Keynes souligne le rôle capital joué par la consommation dans les grands équilibres macroéconomiques. Il soutient un mode de fonctionnement logique néolibéral dans une théorie du marché autorégulé, pur et parfait, ainsi que l’aide financière des pays riches envers les pays pauvres.
Selon les militants du commerce alternatif, (courant historique du CE), le marché pur et parfait n’existe pas dans la pratique. Le commerce international est neutre et c’est son utilisation au service des puissants qui est déviante. Ils dénoncent l’utilisation du libre échange au bénéfice des pays riches et des multinationales privées ainsi que les mesures protectionnistes des gouvernements du Nord qui visent à préserver leurs industries et leur agriculture.
Cela peut paraître paradoxal par rapport à l’idée que l’on se fait du commerce équitable, mais ces militants défendent les valeurs libérales keynésiennes en souhaitant instaurer concrètement ce marché pur et parfait avec les conditions idéales qu’il suppose : des agents qui maximisent leur profit, des usagers qui maximisent leur utilité, un contexte d’information et d’interaction optimales entre acteurs.
L’époque est alors au contrôle politique des colonies et à l’aide financière aux pays pauvres.
Les militants du commerce alternatif pensent que l’aide économique internationale est inefficace, voire néfaste au développement des pays du Sud car elle peut être le fruit d’un calcul intéressé, servant les intérêts géopolitiques des grandes puissances du Nord. En effet, les populations locales, les ONG, les sociologues et les ethnologues constatent les méfaits de l’aide des pays riches.
En Afrique notamment, celle-ci multiplie les "Eléphants blancs", projets inutiles ou réalisés au profit des pays du Nord. De plus, la création de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et la montée en puissance du FMI (Fonds Monétaire International) marginalisent des agences de l’ONU (Organisation des Nations-Unies) comme la CNUCED (Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et le Développement), le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement) ou l’OIT (Organisation Internationale du Travail).
Après la Guerre Froide, l’intérêt des pays du Nord est de plus en plus tourné vers les pays qui représentent un intérêt géostratégique, commercial ou économique.
L’aide reste extérieure et ne permet pas à ces pays d’acquérir leur indépendance. Pourtant, le Sud doit s’approprier et maîtriser son propre développement et en cela, le commerce équitable porte des perspectives de long terme, de préservation des cultures et des savoir-faire, et d’auto-organisation des producteurs comme de leur pays.
Les organisations actuelles de commerce équitable et leur structuration sont le fruit d’une évolution longue de plusieurs décennies au cours desquelles différentes initiatives, dans plusieurs pays, se sont peu à peu rapprochées, ont tissé des liens et ont progressivement constitué des organisations et des réseaux à plus grande échelle.
Après la deuxième guerre mondiale, sous l’action des associations protestantes "Ten thousand villages" et "SERRV International" (Sales exchanges for Refugee Rehabilitation Vocation), un commerce direct avec les communautés économiques défavorisées des Pays du Sud est initié, afin de concrétiser leur engagement religieux d’aide aux plus pauvres.
Constitution du réseau d’acteurs du commerce équitable
Dès la fin des années 50, une association néerlandaise inspirée du roman de Multatuli importe des produits en provenance des Pays en Développement, court-circuite les intermédiaires peu enclins au partage des bénéfices, et les vend par correspondance via les églises et les réseaux tiers-mondistes.
En 1964, des producteurs qui subissent de plein fouet la chute des cours du café lancent via la CNUCED l'appel « Trade, not Aid », qui est le fondement du commerce équitable actuel.
Cependant, en 1968, lors de la réunion suivante de la CNUCED à New Delhi, leurs revendications n’aboutissent pas, et face à cet échec, les associations lancent leurs propres initiatives commerciales.
L’association "OXFAM" naît au Royaume-Uni au milieu des années 60 ainsi que "SOS Wereldhandel" aux Pays-Bas. L’une et l’autre se regroupent dans une filière dite "intégrée", où des organisations spécialisées sont chargées de l’importation et de la vente directe aux consommateurs à travers des boutiques et Magasins du Monde, en dehors des circuits de distribution classique. Le premier magasin de commerce équitable ouvre ses portes aux Pays-Bas en avril 1969. Deux ans plus tard, il en existe plus de 120. Le succès du commerce alternatif s’étend rapidement à d’autres pays : Allemagne, Autriche, Suisse, Belgique, Suède, Royaume-Uni, France.
L’association Artisans du Monde naît en 1974 en France de l’initiative de militants qui veulent soutenir les producteurs de jute du Bangladesh, dont les cultures sont menacées par des inondations, en achetant leurs surplus et en les écoulant sur le marché français. Ces actions sont étroitement liées pendant un temps à celles de l’Abbé Pierre avant une scission entre les "historiques", issus d’Emmaüs, plutôt caritatifs et modérés, et les "jeunes", tenants d’une approche plus politique du tiers-mondisme.
La première boutique Artisans du Monde ouvre ses portes à Paris en 1974. Son objectif est, en sus de la vente, d’informer les consommateurs sur les conditions du commerce équitable et de faire de l’Education Au Développement. Depuis, une fédération a été créée, regroupant plus de 160 associations ainsi qu’une centrale d’importation de produits issus de coopératives de producteurs marginalisés du Sud : Solidar’Monde.
Durant les années 70 et 80, la structure du mouvement du commerce équitable évolue rapidement. L’importation des produits est rationalisée pour satisfaire aux normes et législations nationales et certaines organisations d’importations deviennent de véritables entreprises, vendant leurs stocks via les magasins de commerce équitable ou par correspondance.
Parallèlement, les magasins alternatifs de plusieurs pays commencent à établir des organisations nationales. Parfois, comme en Belgique, celles-ci oeuvrent à la fois comme organisme d’importation et comme représentant de magasins regroupés en réseaux. Dans d’autres pays, comme aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, une association rassemble les magasins qui n’importent pas nécessairement eux-mêmes, mais achètent à des importateurs.
Les années 80 marquent un tournant pour le commerce alternatif qui, désormais appelé Commerce Equitable, devient un véritable mouvement. Jusqu’alors, le mouvement était resté cantonné à des circuits de distribution spécialisés et n’était donc connu que par les personnes déjà sensibilisées.
Les consommateurs se montrent de plus en plus sensibles aux problèmes d’environnement et aux conditions de production dans les pays du Sud. Les coopératives de production, quant à elles, font pression pour vendre davantage, d’autant plus que les prix des matières premières s’effondrent.
En 1986, des petits producteurs de café du Chiapas (Mexique), lancent un cri d’alarme sur leurs conditions de travail. La réaction vient à nouveau des Pays-Bas. En 1988, l’association Max Havelaar, apparaît, premier "logo" de Commerce Equitable.
Un courant dit "réformiste" voit alors le jour. L’objectif est de mettre en relation directe des petits producteurs du Sud avec des importateurs-torréfacteurs européens classiques. Le producteur se voit assurer une rémunération minimum, le plus souvent au dessus des prix du marché. Plus précisément, les engagements de ce courant sont d’assurer une juste rémunération du travail des producteurs marginalisés, leur permettant de satisfaire leurs besoins élémentaires : alimentation, logement, santé, éducation, protection sociale ; de renforcer les organisations des producteurs du Sud ; de promouvoir et de soutenir au sein des organisations de producteurs, la transparence et la démocratie participative pour les prises de décisions, ainsi que le respect des droits de l’homme au travail (refus de l'exploitation des enfants, du travail forcé, de l'esclavage...), enfin, de favoriser la préservation de l'environnement. Le label Max Havelaar France est apposé sur les produits dont les conditions de production et de traçabilité sont contrôlées par des auditeurs indépendants. Aujourd’hui, Max Havelaar est présent dans 58 pays producteurs et 21 pays consommateurs.
Dès que le café Max Havelaar fait son entrée dans les supermarchés, il remporte un franc succès qui s’étend au-delà des frontières néerlandaises. Des organisations de commerce équitable adoptent cette certification en Belgique en 1990, en Suisse et en France en 92, au Danemark en 1994. En Allemagne, des organisations de commerce équitable lancent leur propre label, "Transfair", en 1993. Il est par la suite adopté par l’Autriche, le Japon et l’Italie. L’Irlande et le Royaume-Uni ont également, depuis 1994, leur label : Fair Trade.
Aujourd’hui, même si pour des raisons pratiques, les trois labels conservent leur nom d’origine, ils sont harmonisés et ne font d’ailleurs plus qu’un depuis la création d’une organisation de labellisation au niveau européen (International Fair Trade Labelling Organisation-FLO), en avril 1997.
En 1989, à l’échelle internationale, l’IFAT, Fédération International du Commerce Alternatif est créée.
Les réseaux d'Organisations de CE se regroupent également à l’échelle européenne en deux structures (EFTA : Association européenne du Commerce Equitable qui fédère les grandes centrales d’importation) et NEWS (Réseau européen des Magasins du Monde).
En France, on assiste au même élan de structuration avec la création de la PFCE (Plate-Forme pour le Commerce Equitable) en 1997, qui est le premier collectif de ce type en Europe. Elle regroupe alors une dizaine d’Organisations de Commerce Equitable (Andines, Artisans du Monde, Max Havelaar France, ASPAL..) ainsi que des organisations de Solidarité Internationale et d’Education Au Développement. Elle compte aujourd’hui 34 membres.
Plus d'informations.
Sources :
L'économie Sociale au Nord et au Sud.
de Jacques DEFOURNY, Patrick DEVELTERE et Bénédicte FONTENEAU.
Editions Ouvertures économiques, De BOECK Université, 1999.
L'Ethique dans les Relations Economiques Internationales
En hommage à Philippe Fouchard.
Centre René-Jean DUPUY pour le Droit et le Développement.
Centre De Recherche sur le Droit des Marchés et des Investissements Internationaux (CREDIM)
Sous la direction d'Ahmed EL KOSHERI.
Editions PEDONE Paris 2006.
Le Commerce Equitable dans la France contemporaine.
Idéologies et pratiques.
de Virginie DIAZ PEDREGAL
Editions L'HARMATTAN, 2007.
Etude des différentes démarches des organisations de commerce équitable en France, et des enjeux du mouvement.
Mémoire de Jonathan BAFOIL sous la direction de Claude LLENA
Université Paul Valéry Montpellier III
Site Internet d’
Artisans du Monde.
Rubrique « Qui sommes nous ? », « Notre histoire ».
Pôle ressources :
CDTM (Centre de Documentation Tiers-Monde - Réseau RITIMO)
21 rue de Rochechouart.
75018 Paris.
01.42.87.07.51
www.ritimo.org/cdtm75/
