Recherche directeur de l'OMC qualifié !

28/01/2013 - RECHERCHE DIRECTEUR DE L'OMC QUALIFIÉ !

Des acteurs de la société civile identifient des lacunes dans le profil de poste du nouveau directeur général de l'OMC

A la veille des entretiens qui se tiendront à l’Organisation Mondiale du Commerce avec les neuf candidats au poste de Directeur Général pour remplacer Pascal LAMY, des acteurs de la société civile dénoncent les lacunes du profil de poste. Ils invitent les membres de l’OMC à choisir un directeur général qui dispose des références dans l’intégration des enjeux environnementaux et sociétaux au commerce.

Le mandat de l’actuel Directeur Général de l’OMC, Pascal LAMY, arrive à échéance le 31 Août 2013. Neuf candidats ont été présentés pour le poste. Conformément aux processus de recrutement de l’OMC, les candidats ont été invités à rencontrer les membres de l’OMC le 29 Janvier 2013. Le processus de sélection se concluera par l’annonce du nouveau Directeur Général par le Comité Général au plus tard le 31 Mai 2013 après des discussions à huis clos.

Loin d’un profil de poste exhaustif, l’avis de recrutement de l’OMC ne fournit qu’une description succincte des qualifications requises du candidat : « 9. D'une manière générale, les candidats devraient avoir une grande expérience des relations internationales, y compris une expérience dans les domaines économique, commercial et/ou politique; être fermement résolus à soutenir les activités et les objectifs de l'OMC; avoir une autorité et une capacité de direction attestées; et avoir un don reconnu de la communication.»

Des acteurs de la société civile dénoncent la description vague des qualifications requises du poste qui laisse une grande liberté quant au choix du candidat qui serait alors choisi par les membres les plus influents de l’OMC, en fonction de leurs intérêts plutôt que sur ses qualités et son leadership :

Nous avons besoin d'un leader de haut vol qui pourra résister aux fondamentalistes du libre-échange et qui saura faire évoluer les règles du jeu économique", affirme Sergi Corbalán, le Directeur exécutif du Bureau de Plaidoyer du Commerce équitable. L’affirmation selon laquelle la libéralisation du commerce international contribue naturellement au développement a été jusqu'ici le paradigme dominant à l’OMC. Cette affirmation s'est avérée fausse, en particulier dans les cas où des accords commerciaux multilatéraux ou bilatéraux ont affaiblis des politiques publiques nationales des gouvernements élus démocratiquement pour les remplacer par des politiques servant leurs propres intérêts.

"Pour que le commerce contribue efficacement au développement, il est essentiel que le nouveau Directeur Général ait une expérience reconnue pour intégrer les objectifs sociétaux au commerce, comme le respect de l'environnement, la protection sociale et les droits de l'homme", a conclu Sergi Corbalán.

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Agriculture sous contrat : débouchés et risques

 

Jean-François Bourque, Conseiller principal, Droit commercial et arbitrage, Section environnement des affaires, ITC
octobre 01, 2011

La production et la distribution agroalimentaires connaissent de rapides mutations, notamment sous l’influence de la croissance démographique mondiale. La population mondiale devrait atteindre 9 milliards d’ici 2050 et les terres agricoles fertiles suscitent de plus en plus de convoitises.

Dans nombre de pays, les petits lopins de terres agricoles connaissent une fragmentation rapide. En Inde, la taille moyenne des exploitations agricoles était de 2,2 hectares en 1970. Elle n’est plus que d’un hectare aujourd’hui. À l’autre extrémité de la chaîne alimentaire, le commerce de détail organisé se développe et se consolide.

Pour les gouvernements et les agences techniques comme l’ITC, une des difficultés consiste à recenser les activités génératrices de revenus pour améliorer les moyens de subsistance des petits producteurs dont les lopins de terre se réduisent comme peau de chagrin, et de fournir d’autres services nécessaires tels l’accès au crédit, au savoir-faire technologique et aux informations sur le marché.

L’agriculture sous contrat est un moyen de tisser des liens avec les agriculteurs. L’approche n’est pas nouvelle mais elle soulève d’importantes questions, tant pour les agriculteurs que pour les décideurs politiques, sur fond de crises alimentaires récurrentes et de pénurie de terres. Les agriculteurs vont être de plus en plus invités à signer ces contrats qui présentent à la fois des avantages et des inconvénients. L’agriculture sous contrat exige souvent une réglementation adéquate par les gouvernements, et les agriculteurs devraient être informés de ses avantages et de ses inconvénients.

Un accord agriculteur-entreprise

L’agriculture sous contrat (aussi appelée ‘contrat de production’) est définie comme un arrangement à durée déterminée conclu entre un agriculteur et un entrepreneur avant le début de la production, en vertu duquel l’agriculteur accepte de vendre ou de livrer à l’entrepreneur une culture donnée cultivée sur un lopin de terre précis et d’une manière particulière, en échange de quoi l’entrepreneur accepte de payer l’agriculteur selon des modalités données et à une date convenue. L’agriculture sous contrat n’est pas uniquement un modèle de développement, mais les agriculteurs devraient être informés et formés à ces contrats qui se multiplient. Ils portent fréquemment sur des produits tels les tomates, les concombres et la volaille.