Des bananes pas si "bonita"

20/02/2013 - DES BANANES PAS SI "BONITA"

Dans la continuité de sa campagne "Le Juste Fruit", Peuples Solidaires souhaite attirer l'attention du grand public sur les conditions peu "équitables" dans lesquelles sont produites les bananes "bonita" du groupe Noboa, cinquième plus grande multinationale productrice de bananes. Au sein de cette entreprise, les droits des travailleurs sont ouvertement violés, les salaires restent indécents et le syndicalisme est régulièrement réprimé. Les acteurs de commerce équitable de la PFCE dénoncent ces pratiques, ils soutiennent cet appel et s'engagent pour des bananes produites par des coopératives, qui permettent aux producteurs de travailler et de vivre dignement.

La banane est le fruit le plus commercialisé dans le monde, les bananes "bonita" du groupe Noboa inondent les marchés européens. Sans aucun doute, les bénéfices de cette activité profitent à son patron multimillionnaire, Alvaro Noboa, cependant les conditions de travail de ses salariés sont loin de connaître la même dynamique.

Une décennie de violation des droits du travail
Dans l'ensemble de ses plantations équatoriennes, le groupe Noboa a toujours contrôlé la liberté syndicale de ses salariés, afin de limiter les occasions de négocier de meilleures conditions de travail. La gigantesque plantation Los Alamos est devenue emblématique de la violation des droits des salariés depuis que, en 2002, les gardes armés de l'entreprise s'en sont pris aux travailleurs qui protestaient contre la répression syndicale et que la compagnie a décidé de démanteler tous les syndicats.

Les travailleurs tentent aujourd'hui de s'organiser, afin de faire entendre leurs voix. La Fédération Nationale des Travailleurs Agroindustriels paysans et indigènes libres en Equateur a appuyé la création de nouveaux syndicats, tels que le Syndicat Industriel des Bananeraies de Los Alamos, enregistré légalement par le Ministère du Travail face à la mobilisation locale et internationale. Cependant, Noboa a trouvé un moyen de réponse à ces mouvements, en licenciant arbitrairement ceux qui en prenaient la tête.

PETITION : Un appel aux distributeurs pour obtenir un changement
Peuples Solidaires, partenaire historique de plusieurs organisations équatoriennes, a choisi d'être un relais de leurs revendications auprès de la communauté internationale. Le but de la pétition lancée aujourd'hui est d'exercer une pression supplémentaire sur Noboa, en s'adressant aux distributeurs de bananes afin qu'ils exigent de leurs fournisseurs des bananes produites dans des conditions respectueuses des droits humains.

L'appel lancé par Peuples Solidaires vise à alerter le public sur les conditions de production des bananes et à mobiliser les citoyens pour faire en sorte que les droits des travailleurs soient respectés. Les acteurs du commerce équitable membres de la PFCE relaient aujourd'hui cet appel et invitent les citoyens à soutenir par leurs actes de consommation des bananes produites par des coopératives démocratiques qui permettent aux producteurs de travailler et de vivre dignement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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En savoir plus :

Agriculture sous contrat : débouchés et risques

 

Jean-François Bourque, Conseiller principal, Droit commercial et arbitrage, Section environnement des affaires, ITC
octobre 01, 2011

La production et la distribution agroalimentaires connaissent de rapides mutations, notamment sous l’influence de la croissance démographique mondiale. La population mondiale devrait atteindre 9 milliards d’ici 2050 et les terres agricoles fertiles suscitent de plus en plus de convoitises.

Dans nombre de pays, les petits lopins de terres agricoles connaissent une fragmentation rapide. En Inde, la taille moyenne des exploitations agricoles était de 2,2 hectares en 1970. Elle n’est plus que d’un hectare aujourd’hui. À l’autre extrémité de la chaîne alimentaire, le commerce de détail organisé se développe et se consolide.

Pour les gouvernements et les agences techniques comme l’ITC, une des difficultés consiste à recenser les activités génératrices de revenus pour améliorer les moyens de subsistance des petits producteurs dont les lopins de terre se réduisent comme peau de chagrin, et de fournir d’autres services nécessaires tels l’accès au crédit, au savoir-faire technologique et aux informations sur le marché.

L’agriculture sous contrat est un moyen de tisser des liens avec les agriculteurs. L’approche n’est pas nouvelle mais elle soulève d’importantes questions, tant pour les agriculteurs que pour les décideurs politiques, sur fond de crises alimentaires récurrentes et de pénurie de terres. Les agriculteurs vont être de plus en plus invités à signer ces contrats qui présentent à la fois des avantages et des inconvénients. L’agriculture sous contrat exige souvent une réglementation adéquate par les gouvernements, et les agriculteurs devraient être informés de ses avantages et de ses inconvénients.

Un accord agriculteur-entreprise

L’agriculture sous contrat (aussi appelée ‘contrat de production’) est définie comme un arrangement à durée déterminée conclu entre un agriculteur et un entrepreneur avant le début de la production, en vertu duquel l’agriculteur accepte de vendre ou de livrer à l’entrepreneur une culture donnée cultivée sur un lopin de terre précis et d’une manière particulière, en échange de quoi l’entrepreneur accepte de payer l’agriculteur selon des modalités données et à une date convenue. L’agriculture sous contrat n’est pas uniquement un modèle de développement, mais les agriculteurs devraient être informés et formés à ces contrats qui se multiplient. Ils portent fréquemment sur des produits tels les tomates, les concombres et la volaille.