Vous êtes ici : Accueil / Comment agir ? / Lancer un projet
FrançaisEnglish
12/3/2010 : 16:26

Lancer un projet

 

Le commerce équitable connaît depuis quelques années un essor régulier. De nombreux porteurs de projets s’y engagent, désireux de concilier une activité professionnelle et une démarche solidaire et éthique. Cependant, les premiers pas peuvent s’avérer difficiles sans une préparation spécifique et une vision claire de ce que suppose le lancement d’un projet de commerce équitable.

Quelques rappels sur le Commerce Equitable

 

Connaissant un développement soutenu ces dernières années, le Commerce Equitable (CE) génère des flux financiers estimés à 256 millions d’euros en France en 2008 (Source : Etude IRI pour Ethiquable, janvier 2009). Le nombre de consommateurs sensibilisés a beaucoup augmenté et le passage à l’acte d’achat progresse de concert. La France est actuellement le pays d’Europe où le CE a la plus forte croissance.

Dans ce contexte, le nombre des porteurs de projets de commerce équitable s’est multiplié. Aujourd’hui, débuter dans le commerce équitable rime fréquemment avec reconversion professionnelle.

Cependant, mieux vaut être bien informé et/ou suivi par des professionnels du secteur lors du lancement de son projet. S’il n’existe pas actuellement de formation spécifique au commerce équitable, hormis celle dispensée par Quatre-Mâts Développement, nombre de formations supérieures y consacrent une partie de leur programme. C’est le cas des écoles de commerce, des instituts d’études politiques et de certains IUP, IUT et Masters. Une formation en gestion ou en commerce peut s’avérer très utile pour faire face aux spécificités du secteur et bien en apprécier les risques.

Chosir son activité

 

Au-delà de ses dimensions politiques et solidaires, le commerce équitable est avant tout une activité de commerce sur les dimensions de création de filières, d’importation et de distribution. Outre la motivation et l’engagement politique, il est nécessaire d’avoir de réelles compétences commerciales et entrepreneuriales.

Pour être viable, un projet doit se fonder sur une étude de marché fiable (définir le consommateur du marché, ses motivations, les habitudes et processus d’achat, les tendances, les offres existantes et la demande potentielle). Cette analyse doit conduire à la construction d’un projet précisant la définition du produit, la clientèle ciblée, les fournisseurs choisis, …

Différentes options s’offrent aux entrepreneurs de commerce équitable

 

- Ouvrir une boutique spécialisée

Une boutique est dite « spécialisée » lorsqu’au moins les 2/3 de son chiffre d’affaires sont générés par la vente de produits issus du commerce équitable. Les boutiques peuvent être indépendantes ou affiliées à un réseau qui fournit un accompagnement (comme la Fédération Artisans du Monde). Récemment, des possibilités de franchise ont vu le jour (Alter Mundi).

- Importer des produits « garantis » dans le cadre de réseaux CE

Pour se lancer dans cette activité, il est recommandé de commencer par identifier les organisations de producteurs, d’exportateurs et de transformateurs. Il est préférable que ces partenaires soient membres d’un Ouvre ce lien interne dans la fenêtre couranteréseau international de commerce équitable (FLO, WFTO, EFTA, STEP, Fibre Citoyenne…) et que leurs démarches répondent à des critères de qualité environnementale et sociale reconnus. Par exemple, l’importation de produits labellisés Max Havelaar implique le paiement d’un « droit de marque » par l’importateur, qui est également soumis à des contrôles réguliers au Sud comme au Nord pour assurer le respect du cahier des charges.

- Importer des produits  qui ne sont pas déjà « garantis » par des réseaux existants

Il s’agit de mettre en place des filières auprès d’organisations de producteurs non affiliées à un réseau de CE. Cela suppose un travail préliminaire conséquent afin d’organiser ou de convertir cette filière en rédigeant une charte commune avec les producteurs et intermédiaires, et en contractualisant des engagements réciproques. On peut s’inspirer des critères des organisations de commerce équitable fixés au niveau national par la PFCE ou au niveau international par WFTO ou par FLO.

 

Le lancement d’un projet de commerce équitable requiert donc une longue réflexion et une préparation approfondie, puisque l’aspect commercial implique une bonne visibilité sur la viabilité économique de la structure mise en place. L’expérience prouve qu’il est plus rémunérateur de débuter en cumulant une activité d’importateur et de grossiste plutôt qu’en ouvrant une boutique de vente au détail, du moins à moyen terme. Mais cela suppose aussi des investissements bien plus importants.

Le financement

La nécessité d’investir peut peser lourdement. En dehors des aides génériques prévues pour la création d’entreprise, aucune aide spécifique au commerce équitable n’existe à l’heure actuelle. Le porteur de projet devra prévoir des frais d’établissement, des frais d’investissement et un fonds de roulement. Les contraintes de mobilisation de trésorerie constituent souvent une difficulté propre au secteur du commerce équitable, puisque les importateurs sont souvent tenus de verser une part du montant des transactions avant réception du produit (préfinancement).

Pour ce qui est de la forme juridique, de nombreux organismes ont commencé sous le statut d’association, le temps de tester leur projet, avant de se constituer en société. Le statut de société ne vous empêche pas d’accorder une importance particulière à la finalité sociale et constitue un avantage face à certaines nécessités, notamment celle du refinancement. En effet, le statut d’association peut rendre plus difficiles les discussions avec les banquiers, notamment. A l’inverse, il rend la mobilisation de subventions ou de dons possible. L’inscription de l’entreprise dans un statut de l’économie sociale renforce son positionnement éthique et constitue une valeur ajoutée certaine.

Les institutions les plus à même de collaborer avec les porteurs de projets sont les banques de l’économie sociale (comme le Crédit Coopératif ou les Caisses d’Epargne) et le réseau des finances solidaires. Une liste des acteurs financiers solidaires et des établissements de crédit est consultable sur le site Internet de Finansol, le portail des finances solidaires. Une fiche de l’APCE recense aussi certains organismes susceptibles d’aider les porteurs de projet (cf. ci-dessous).

A qui s'adresser ?

Les organisations locales de CE apportent également un soutien aux porteurs de projets, sous forme de conseils, de parrainage informel... En sus, il existe des structures d’accompagnement susceptibles de les aider :

-          les Boutiques de Gestion avec la couveuse d’activités GEAI (75) : www.geai-bgp.org/accueil.htm

-          l’Avise (Agence de Valorisation des Initiatives Socio-économiques) : www.avise.org

-          les CRESS (Chambres Régionales de l’Economie Sociale et Solidaire)

-          les CCI (Chambres de Commerce et d’Industrie): www.cci.fr
-          les agences de développement économique (Exemple : les Maisons du  
développement économique et de l’emploi à Paris)

-          l’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprises), qui propose une fiche professionnelle spécifique (liste des fournisseurs, simulations de budgets…)  www.apce.com

-          l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Economique) www.adie.org

Notez enfin qu’il existe onze importateurs membres du réseau EFTA en Europe. D’autre part, Max Havelaar France travaille avec une centaine d’entreprises. Les ONG et les réseaux de CE peuvent vous aider à identifier les coopératives de producteurs et à établir un premier contact avec elles, notamment les membres de WFTO. Pour la création d’une filière équitable, il peut être utile de contacter WFTO et FLO qui apportent une aide dans l’identification des organisations de producteurs inscrites dans une démarche de CE.