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    Journée du cacao : remettre la question des prix sur la table

    Le 1er octobre, Journée internationale du cacao, est l’occasion de remettre la question des prix sur la table. Il y a un an, le cacao battait des records en Bourse et beaucoup annonçaient enfin des jours meilleurs pour celles et ceux qui le cultivent. Un an plus tard, les cours ont fondu et les prix garantis aux producteur·rices ont été fortement revus à la baisse. Retour sur un cycle qui en dit long sur les fragilités de la filière.

     

    Une forte volatilité des prix

    Fin 2024, le cacao atteignait des sommets inédits sur les marchés à terme. Un récit s’est alors imposé : les producteur·rices allaient enfin profiter de la hausse, et ces prix élevés étaient là pour durer.

    Les faits racontent aujourd’hui une autre histoire. Après un pic historique proche de 12 900 dollars la tonne en décembre 2024, les cours sont retombés autour de 5 500 dollars la tonne à la mi-septembre 2026. Soit une baisse d’environ 57 % par rapport au record, et de l’ordre de 20 % sur un an. La flambée s’est dégonflée.

     

    Le retournement est tout aussi marqué du côté des prix régulés, ceux que les États fixent pour les producteur·rices des deux premiers pays producteurs mondiaux.

    En Côte d’Ivoire, le prix minimum garanti « bord champ » de la campagne principale 2026-2027 a été fixé le 1er septembre 2026 à 1 200 FCFA le kilo, contre 2 800 FCFA le kilo pour la campagne principale 2025-2026. Le prix est ainsi divisé par 2,3 en un an. Ce niveau était déjà appliqué depuis la campagne intermédiaire (mars-août 2026). Le ministre de l’Agriculture a justifié ce choix par la forte volatilité des marchés internationaux. L’enjeu est considérable dans un pays où le secteur pèse environ 17 % du PIB.

     

    Au Ghana, le Cocobod avait ouvert la campagne 2025-2026 à 51 660 cedis la tonne (environ 5 040 dollars), avant de l’abaisser d’environ 20 % en février 2026, à 41 392 cedis la tonne, en invoquant la situation du marché international. Pour la campagne 2026-2027, le prix a été fixé le 25 septembre à 42 400 cedis la tonne, une légère hausse de 2,4 %, dans le cadre d’une nouvelle loi qui garantit aux producteur·rices au moins 70 % du prix FOB réalisé à l’export.

     

    Une flambée qui n’a que peu profité à l’amont

    La hausse spectaculaire de 2024-2025 ne s’est répercutée que partiellement, et temporairement, aux premiers maillons de la filière.

    En Côte d’Ivoire et au Ghana, les producteur·rices n’en ont perçu qu’une fraction : au maximum environ 5 000 dollars la tonne, soit à peine 40 % du pic atteint sur les marchés. Dans les pays où les prix ne sont pas régulés, les producteur·rices ont pu toucher des prix plus élevés. Mais ils et elles ont dans le même temps subi l’envolée des coûts de production et de transformation.

    Autrement dit, un cours record en Bourse ne se traduit pas automatiquement par un meilleur revenu pour celles et ceux qui cultivent le cacao.

     

     

    Un facteur de fragilité

    Des prix longtemps trop bas, brièvement très hauts, et de nouveau incertains sur les marchés non régulés : cette volatilité fragilise toute la filière.

    Comment investir dans ses parcelles, planifier le renouvellement des vergers ou s’engager dans la transition agroécologique quand les prix oscillent sans visibilité ? Pour une exploitation familiale comme pour une coopérative, l’absence de prévisibilité rend difficile toute sécurisation du revenu, et donc tout projet de long terme.

     

    Une étude pour éclairer les pratiques des entreprises européennes

    Le sujet des prix est donc tout sauf clos. Il reste même central pour la transition du secteur vers davantage de durabilité. Mais le prix ne peut se penser isolément.

    Ce qui pèse aussi sur la durabilité de la filière, c’est l’ensemble des pratiques d’achat :

    • la durée des engagements et des contrats ;
    • le versement de primes collectives ;
    • les délais de paiement ;
    • la capacité des coopératives à négocier.

    Or, sur ces pratiques commerciales, la transparence reste largement à construire.

     

    C’est précisément ce que nous documentons dans notre étude en cours sur les pratiques commerciales dans la filière cacao.

     

    Réalisée dans le cadre du programme Équité, co-porté par Commerce Équitable France et AVSF (Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières) avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD) et du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), elle vise à analyser dans quelle mesure les pratiques des entreprises européennes qui s’approvisionnent en cacao ouest-africain soutiennent la transition du secteur. Et, à l’inverse, lesquelles risquent d’en fragiliser la durabilité sociale et environnementale.

     

    Rendez-vous au Salon du chocolat

    Nous en débattrons à l’occasion du Salon du chocolat de Paris, le jeudi 29 octobre 2026 à 17 h, dans l’espace BtoB (Paris Expo Porte de Versailles).

     

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