Quels enjeux?

Le changement d’échelle du commerce équitable


La notoriété  du commerce équitable est aujourd’hui très forte : 95% des Français connaissent le commerce équitable (IPSOS juin 2009) alors qu’il n’était que de 9% en 2000, et la démarche bénéficie d’un fort capital de sympathie : les Français se sentent proches de la démarche et 78% d’entre eux formulent des appréciations positives sur le commerce équitable.

Le Commerce Equitable n’a donc plus d’enjeu de notoriété, mais parfois un manque de visibilité. Dans d’autres pays d’Europe (Grande-Bretagne, Suisse, Pays Bas etc.), la consommation équitable est jusqu’à trois ou quatre fois plus importante qu’en France. Il reste une marge de progression importante pour développer la consommation équitable, et beaucoup à faire pour que le commerce équitable devienne une  habitude de consommation quotidienne chez les consommateurs français.

La démocratisation du commerce équitable est possible, mais celle-ci passera par un nécessaire changement d’échelle du commerce équitable en France, pour lequel plusieurs leviers d’action sont possibles :

  • proposer encore plus de produits de qualité aux consommateurs,
  • développer les lieux de consommation de produits équitables (hôtellerie, restauration, cantines d’entreprises, distributeurs automatiques etc.)
  • développer la commande publique équitable,
  • renforcer la transparence et la lisibilité des engagements et des résultats de la démarche pour les consommateurs,
  • renforcer la visibilité du commerce équitable et des différents produits à travers l’organisation d’évènements et de campagnes de sensibilisation.

 

La reconnaissance des systèmes de garantie du commerce équitable


Aujourd’hui, les systèmes de garantie du commerce équitable sont nombreux et l’enjeu d’une reconnaissance  des systèmes crédibles est majeur. Ce travail nécessite la collaboration des grands réseaux internationaux de commerce équitable, le développement de labels équitables régionaux et nationaux, notamment au Sud, et l’implication régulatrice des pouvoirs publics.

En France, les acteurs de commerce équitable, avec les associations de consommateurs ont travaillé ces dernières années avec les pouvoirs publics afin de rendre plus claire la définition du commerce équitable et rendre plus lisible ses engagements spécifiques.
Ce travail a abouti à la mise en place en avril 2010 d’une Commission Nationale du Commerce Equitable qui viendra reconnaître les garanties données au consommateur français en matière de commerce équitable. La Commission servira aussi de forum de discussion et d’échanges pour les parties prenantes du secteur : associations de consommateurs, systèmes de garantie, acteurs économiques, gouvernement. Cette concertation nouvelle permettra de faire émerger une expertise globale favorable au développement du commerce équitable en France.

La France doit développer aussi ses efforts pour démocratiser le commerce équitable : dans le cadre de ses engagements sur le Grenelle de l’environnement et de sa politique d’aide au développement, elle pourrait contribuer à développer de nouvelles filières avec les organisations de producteurs dans les pays du Sud et financer des campagnes d’éducation des citoyens, des entreprises et des collectivités territoriales en France.

La prise en compte des considérations environnementales dans le commerce équitable


 

Les pratiques sociales et économiques des organisations de commerce équitable sont aujourd’hui reconnues comme étant parmi les plus exigeantes : prix minimum garanti payé aux producteurs, prime de développement, respect des normes de l’OIT, préfinancement des commandes, etc. En revanche, leurs engagements en faveur de la protection de l’environnement sont plus rarement connus du grand public.
Pourtant, les coopératives de producteurs de commerce équitable privilégient des modes de productions de type agriculture paysanne, nettement plus respectueuses de l’environnement que l’agriculture industrielle. L’impact en termes de protection de la biodiversité est important et le commerce équitable a d’ailleurs permis à de nombreuses coopératives de producteurs d’opérer une conversion vers l’agriculture biologique.

D’autre part, les conséquences du changement climatique touchent particulièrement les personnes les plus défavorisées et qui ont le moins de moyens  pour y faire face.
L’ampleur de ces enjeux appelle les acteurs de commerce équitable à renforcer leurs engagements en considérant l’impact environnemental de leurs activités dans leur globalité, y compris au niveau de leurs pratiques au Nord. Pour les organisations du commerce équitable, une réponse efficace au changement climatique doit s’appuyer sur toutes les dimensions du développement durable : protection de l’environnement, économie équitable, justice sociale, diversité culturelle, participation des acteurs.

 

La relocalisation du commerce au Nord et au Sud


L’avenir du commerce équitable réside aussi dans la recherche de débouchés locaux. Le développement de labels équitables régionaux et nationaux au Sud peut y contribuer, ainsi que la généralisation de procédés de transformation au Sud qui permettent de ne pas déstabiliser les économies locales au Sud, comme au Nord.