Genre et filières agricoles d’exportation : atouts, limites et enseignements du commerce équitable

lundi 8 mars 2021

 

Au Sud, le commerce équitable permet-il de garantir des bénéfices qui profitent aux femmes autant qu’aux hommes ? Quels sont ses atouts et ses limites pour faire avancer l’égalité femmes-hommes ?

 

Lire la Note de SUD #28

 

Si on observe des impacts positifs dans les filières artisanales où les femmes sont plus nombreuses, ils sont plutôt limités dans les filières agricoles. Souvent non propriétaires des terres, les femmes sont rarement membres des organisations de producteurs et leur participation est moins visible.

 

Le commerce équitable propose une reconfiguration des relations commerciales conventionnelles pour garantir plus d’équité et une répartition plus juste de la richesse, au bénéfice des petit·e·s producteur·rice·s. Interrogées sur la capacité du commerce équitable de bénéficier autant aux femmes qu’aux hommes, les organisations du secteur ont mis en place, ces dernières années, des mesures volontaristes dans les filières d’exportation.

 

Plusieurs études de cas révèlent alors que des résultats positifs en matière d’égalité femmes-hommes peuvent être obtenus lorsque des actions fortes et ciblées visant l’évolution des normes sociales sont menées.

 

Au cœur des missions du commerce équitable, l’empowerment des productrices doit donc être pensé comme un processus qui va au-delà de l’accès à un revenu décent et aux espaces de décision, mais doit permettre aux femmes de gagner une meilleure estime d’elles-mêmes, de renforcer leur capacité à agir et à s’organiser collectivement afin d’impulser des changement sociaux significatifs.

 

 

Recommandations aux pouvoirs publics

  • Les pouvoirs publics, aux niveaux européen et international, doivent introduire des régulations contraignantes pour que les entreprises mettent en place des chaînes d’approvisionnement répondant aux critères du commerce équitable, généraliser le devoir de vigilance et l’assortir d’une composante « genre » pour s’assurer que le respect de l’égalité femmes-hommes soit pris en compte. Le respect et l’application de ces mesures doivent également conditionner l’appui financier fourni par les organismes publics (tels que l’Agence française de développement / Proparco) aux acteurs privés bénéficiaires.

 

  • Les États, notamment à travers leur agence publique de développement, doivent soutenir les programmes qui sécurisent l’accès au foncier et facilitent l’accès au crédit et aux ressources pour les femmes productrices, et appuyer financièrement les programmes d’empowerment des productrices et artisanes des pays du Sud.

 

  • Les pouvoirs publics, aux échelons national et européen, doivent soutenir et promouvoir le développement et la pérennisation des initiatives et démarches de commerce équitable labellisées qui apportent des garanties sur le respect des droits humains et des droits des femmes.

 

 

Lire la Note de SUD #28

 

 

Les auteurs

Cette publication est proposée dans le cadre des Notes de SUD par la commission Agriculture et alimentation (C2A) de Coordination SUD avec le soutien de l’Agence Française de Développement.

 

Cette note a été rédigée par Émilie Durochat et Claire Ménard (Commerce Équitable France), avec les contributions d’Érika Girault et Pierre Du Buit (Fédération Artisans du Monde), Audrey Abit (Max Havelaar France), Guillaume Arthaud (Ingénieurs sans frontières), Myriam Mackiewicz et Romain Valleur (AVSF Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières).

 

 

 

 

 

 

 

 

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Cette publication est réalisée par la commission Agriculture et alimentation (C2A) de Coordination SUD, et a été rédigée par Action Aid, Agter, CCFD Terre Solidaire, Commerce Équitable France et Oxfam France. 

 

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La rédaction de cette note a été piloté par Commerce Équitable France, avec le concours de Artisans du Monde, Agronomes et Vétérinaires sans Frontières, CCFD Terre Solidaire, le GRET, Ingénieurs Sans Frontières, Max Havelaar France, Oxfam France et SOL Alternatives agroécologiques et solidaires, avec le soutien de l’Agence Française de Développement.

 

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