Contexte

Un constat : une économie mondiale déséquilibrée


Alors qu’il pourrait être un levier de développement, le commerce international génère souvent des inégalités et des processus d’appauvrissement. La dérégulation des marchés agricoles ne garantit pas des prix rémunérateurs aux producteurs marginalisés du sud qui ont vu ces deux dernières décennies leurs conditions de vie se dégrader fortement.

Les inégalités n’ont jamais été aussi grandes

  • 2.5 milliard d’individus disposent de moins de 2 dollars par jour.
  • 1 milliard de personnes souffrent de la faim et les 2/3 d’entre elles sont des  producteurs qui vivent dans les Pays En Développement.
  • Les catastrophes écologiques se multiplient et la biodiversité est menacée : il existe 794 espèces en voie de disparition dans le monde.

Et dans le même temps

  • 20% de la population se partage 86% de la consommation mondiale.
  • Les 500 personnes les plus riches du monde ont un revenu cumulé plus important que celui des 41 millions les plus pauvres.

Le commerce est indispensable à toute société et fonde pour partie le lien social. Pourtant, son organisation actuelle se fait souvent :

  • à l’insu du producteur comme du consommateur : le producteur ne connaît pas la destination de son produit ; le consommateur en ignore la provenance réelle.
  • au détriment du producteur et du consommateur : les intermédiaires les plus puissants (grandes marques commanditaires, groupes industriels, organismes financiers, grands distributeurs, centrales d’achat) imposent leurs règles, leurs prix, voire même leurs produits, aux producteurs comme aux consommateurs.

 Le commerce devient ainsi un strict enjeu de pouvoir et de profit privé lié à la spéculation à court terme. Le plus souvent inéquitable, il banalise une relation de dominant - dominé. Les conséquences en sont insupportables pour les êtres humains comme pour l’environnement social, économique, écologique et culturel.
Face à ce constat, l’objectif du commerce équitable est de permettre aux producteurs et aux consommateurs de vivre leur dignité et leur autonomie, en retrouvant la maîtrise et le sens de leurs actes.

Le défi du commerce équitable


Depuis plus de quarante ans, la démarche du commerce équitable propose une alternative pour réduire les inégalités engendrées par le commerce conventionnel et redonner à l’homme sa place centrale dans les échanges. L’ambition du commerce équitable est en effet de contribuer à améliorer les revenus et à soutenir le développement des producteurs et de leur communauté, en leur garantissant notamment un prix minimum stable et en mettant en place un partenariat commercial et technique à long terme favorisant leur autonomie.

Les structures membres de la PFCE se reconnaissent autour des principes suivants :

  • assurer une juste rémunération du travail des producteurs et artisans les plus défavorisés, leur permettant de satisfaire leurs besoins élémentaires,
  • garantir le respect des droits fondamentaux des personnes,
  • instaurer des relations durables entre partenaires économiques,
  • favoriser la préservation de l’environnement,
  • proposer aux consommateurs des produits de qualité,

A travers le monde, les acteurs du commerce équitable s'efforcent de construire les fondations d'un commerce plus juste par des partenariats commerciaux équitables au Sud et des actions de sensibilisation, de promotion et de plaidoyer au Nord.

 

Une alternative pour sortir de la marginalité


Le commerce équitable touche un public de plus en plus large et de nombreuses initiatives voient le jour : nouvelles filières, diversification des produits concernés et développement des réseaux de distribution. Ce dynamisme soutient un nombre croissant de producteurs engagés dans cette démarche : plus d’un million et demi en Afrique, Asie et Amérique Latine.
Outre les produits alimentaires et l'artisanat, le commerce équitable concerne également la mode, les cosmétiques, les compléments alimentaires, le textile et les services, avec l’organisation de voyages équitables et solidaires.

Hier encore confidentiel, le commerce équitable voit sa notoriété s’accroître fortement depuis 2000.  Cette progression spectaculaire s’explique par le travail permanent des acteurs du commerce équitable et le relais soutenu des médias.
Le citoyen français, sensibilisé aux enjeux du commerce équitable, prend progressivement en compte des critères sociaux et environnementaux dans ses choix de consommation.
Cette « consommation responsable » induit ainsi des changements dans son comportement : le consommateur laisse place au « consom’acteur », citoyen et militant pour qui l’acte d’achat peut revêtir une dimension politique.

Le développement du commerce équitable se traduit aussi par une augmentation du nombre de points de vente (boutiques spécialisées, grandes et moyennes surfaces, sites Internet de vente en ligne), des volumes de produits vendus et du nombre de références disponibles pour les consommateurs publics et privés.
En France, on dénombre actuellement 250 points de vente spécialisés, des entreprises de vente par correspondance et de nombreux sites Internet consacrés partiellement ou totalement à la vente en ligne de produits issus du commerce équitable. Il ne faut pas non plus oublier la distribution via les réseaux des boutiques « bio » (près de 500), et bien sûr, plus de 10 000 grandes et moyennes surfaces qui distribuent des produits alimentaires.